Cette taxe était jusqu'à présent plutôt soutenue par la société civile, les altermondialistes et plusieurs partis de gauche. D'autres estimaient que c'était techniquement trop compliqué et financièrement contreproductif. Mais la crise bancaire est passée par là, et plusieurs gouvernements veulent maintenant que le secteur financier participe à la résolution de cette crise. Même si les ministres ne font qu'en discuter, les 27 ne sont pas du tout unanimes pour imposer des taxes.
Les Européens sont en tout cas d'accord sur un point : il faut que le secteur bancaire participe à la résolution de la crise bancaire, qu'il participe notamment aux coûts de la crise supportés par les Etats membres et donc par les contribuables.
Et puis à l'avenir, il faudrait freiner la spéculation folle, tenter de limiter la prise de risques et peut-être constituer un fonds destiné à agir rapidement en cas de souci, sans appeler les finances publiques au secours. La Commission a déjà proposé que toutes les banques alimentent un fonds pour pallier une éventuelle défaillance d'une institution financière.
Mais, dans un document de réflexion, la Commission va plus loin, elle analyse plusieurs pistes, dont une taxe sur les transactions. Chaque fois que l'on vend et que l'on achète sur les marchés boursiers, une petite part de cette transaction est prélevée. Mais, constate la Commission, c'est compliqué techniquement, notamment quand il s'agit de produits dérivés. Ensuite, c'est déséquilibré. L'argent ainsi récolté viendra principalement de Londres, la place financière européenne. Une autre solution serait de taxer juste les actions, mais on ne peut plus vraiment dire qu'on vise la spéculation folle. La Commission analyse aussi une autre formule : taxer les bénéfices des banques. Toutes les options sont sur la table, certains craignent de voir les établissements financiers quitter l'Europe, d'autres ont peur de voir les clients supporter ces nouveaux coûts, la discussion d'aujourd'hui n''était qu'un premier débat. Il sera poursuivi au conseil Ecofin informel des 30 septembre et 1er octobre à Bruxelles.
A. Blanpain
Il y a encore 10 ans personne n'y aurait cru mais ce mardi, les ministres européens des Finances ont évoqué l'idée d'une taxe Tobin, une taxe qui frapperait les transactions financières. |